3 clés pour lutter contre le syndrome de fatigue chronique - Epycure

BIEN-ETRE 3 clés pour lutter contre le syndrome de fatigue chronique

Solène Senejko SOLÈNE SENEJKO

Le syndrome de fatigue chronique (SFC), également appelé encéphalomyélite myalgique, est une maladie à propos de laquelle nous avons très peu d’informations car aucun marqueur biologique ne permet de l’identifier. Seuls certains symptômes particulièrement invalidants permettent de déterminer si on souffre ou non de ce syndrome. Nous ne connaissons malheureusement pas la cause  qui déclenche cette maladie. L'un des principaux défis de la maladie est qu'elle est impossible à diagnostiquer par des tests de laboratoire. Cependant, certains professionnels pensent qu'elle est étroitement liée à :

  • l’épuisement des glandes surrénales (chargées de notre capacité d’adaptation au stress physique ou émotionnel) 
  • ou à une inflammation chronique du corps.

Le SFC apparaît généralement avec les mêmes symptômes qu’une simple grippe (fatigue et fièvre). La fièvre est amenée à diminuer, mais la fatigue persiste. Elle se manifeste par un manque d'énergie et de motivation et d’autres symptômes comme des douleurs musculaires, des maux de tête ou même des troubles digestifs. C’est une maladie chronique caractérisée par une fatigue extrême qui dure plus de six mois, des troubles du sommeil avec un sommeil non réparateur, des troubles cognitifs importants (pertes de mémoire, troubles de la concentration, …) ou des malaises post-efforts. Les malaises sont des critères d’épuisement caractéristiques du SFC qui peuvent apparaître après un effort intense (physique, émotionnel, …). Ils persistent et obligent alors les malades à se reposer pendant plusieurs heures, jours, voire semaines après l’effort.

Les femmes ont de 2 à 4 fois plus de chances que les hommes d'en souffrir.

Le SFC a été reconnu par la classification internationale des maladies, mais les médecins peinent à identifier les signes de ce syndrome et à le faire reconnaître comme un handicap. Cette maladie est pourtant particulièrement invalidante selon les cas. Les médecins sont encore nombreux à penser que ces symptômes sont la conséquence de troubles dépressifs chez leurs patients. En effet, le SFC est souvent associé à d’autres maladies telles que la fibromyalgie, une maladie chronique sûrement due à un dysfonctionnement des neurotransmetteurs qui peut parfois être traitée par une thérapie associée à certains antidépresseurs ou anxiolytiques. C’est pourquoi cela peut entraîner une confusion entre SFC et dépression. Nous savons que le diagnostic est difficile à établir puisque les symptômes sont communs à différentes maladies. En l’occurrence, les personnes qui ont des problèmes de thyroïde, de fibromyalgie, etc présentent les mêmes symptômes, soit une fatigue intense et des douleurs.

Pourtant classé comme maladie neurologique, d’après le travail de certains chercheurs, le SFC serait lié au système immunitaire et aux infections aggravant et accentuant les symptômes, notamment la fatigue, ainsi qu’au stress qui interviendrait au niveau des muscles et des malaises post-efforts. Cette hypothèse n’a pas encore permis la mise en place d’un remède, ou de médicaments réellement efficaces pour soigner ce syndrome. Le meilleur moyen de soulager les malades serait d’éviter d’activer inutilement leur système immunitaire et d’être bien sûr attentif à la moindre infection ! Si ce n’est pas déjà fait, pensez évidemment à consulter votre médecin traitant.

Voici 3 clés pour retrouver votre un peu de votre vitalité :

Limiter l’exposition à des allergènes ou intolérances potentielles

Un excellent moyen de réduire l'inflammation chronique de l’organisme consiste à minimiser l'exposition aux allergènes alimentaires et aux aliments auxquels vous êtes intolérant. Lorsque cet allergène potentiel parvient à traverser les parois intestinales et à pénétrer dans le sang, votre système immunitaire réagit par une inflammation. Il se mobilise en quelque sorte pour lutter contre l’aliment considéré comme un corps étranger menaçant. Deux stratégies doivent alors être envisagées :

  • Vérifier auprès de votre gastroentérologue qu’il n’existe pas de dysbiose intestinale qui puisse affaiblir les parois de l’intestin et les rendre perméables. Elles deviendraient alors comme des passoires qui laisseraient passer dans le sang des aliments qui ne devraient pas s’y trouver. Les plus communes:
  • SIBO (Small Intestinal Bacterial Overgrowth) 
  • Champignons (Candida albicans et levures)
  • Bactérie H. pylori 
  • Limiter l’ingestion d’aliments pro-inflammatoires, c'est-à-dire des aliments qui, une fois la paroi intestinale franchie, seraient susceptibles de déclencher une réaction immunitaire. Les intolérances/allergies les plus courantes sont, par ordre d’importance :

- Le gluten, la caséine du lait et le soja

- Les oeufs et les fruits oléagineux (noix et graines)

- Les solanacées (tomate, aubergine, piments, poivrons, pomme de terre, etc.) et les légumineuses

De plus en plus de recherches mettent en évidence un lien entre les allergies et sensibilités alimentaires et le SFC. Plutôt que de faire des analyses d’intolérances, souvent chères et controversées, la meilleure façon de déterminer quelles sont vos intolérances alimentaires est d'éliminer pendant un mois les allergènes alimentaires les plus courants, puis de les réintroduire progressivement. 

Augmentez votre apport en vitamines du groupe B

Il semble exister un lien direct entre la réduction des niveaux de vitamine B et le syndrome de fatigue chronique, et plus particulièrement entre les taux de vitamine B6 et B12, toutes deux indispensables au processus de méthylation. 

La méthylation est un processus qui a lieu en permanence dans les cellules de notre corps et qui a une multitude de fonctions essentielles comme le soutien au système immunitaire, la production d'énergie, la gestion de l’inflammation, le contrôle de la fonction nerveuse, ou encore la détoxification du corps, toutes impliquées dans le syndrome de fatigue chronique.

  • Vitamine B6: Les aliments riches en vitamine B6 sont le thon et le saumon sauvages, les bananes, le bœuf nourri à l'herbe, les patates douces, la dinde, les noisettes, l'ail et les épinards cuits.
  • Vitamine B12: les végétaliens/vegans et les végétariens sont particulièrement exposés au risque de carence en B12, car elle se retrouve le plus souvent dans les aliments d'origine animale. Parmi les aliments riches en vitamine B12, on trouve le foie de bœuf provenant de vaches nourries à l'herbe, les sardines, le thon, le fromage cru, le fromage blanc, l'agneau, le lait cru, les œufs et le saumon sauvage.

Pour traiter efficacement le syndrome de fatigue chronique, les vitamines B sont essentielles. En plus d’opter pour une alimentation riche en vitamines B, un supplément de complexe de vitamines B peut aider. Dans l'ensemble, les vitamines B travaillent pour favoriser un fonctionnement métabolique sain, la production d'hormones et la vitalité.

Apprenez à gérer vos niveaux de stress

Le syndrome de fatigue chronique peut être débilitant à la fois physiquement et mentalement. Le contrôle du stress et la relaxation à long terme doivent constituer une partie essentielle de tout traitement. 

  • Le sommeil : il est important d'établir une routine régulière à l'heure du coucher, qui comprend une période de ralentissement physique et émotionnel. Évitez les boissons stimulantes, déconnectez des écrans, favorisez les éclairages doux et diffusez des huiles essentielles relaxantes comme l'eucalyptus, la lavande, la valériane, la camomille romaine, la marjolaine, la bergamote, la sauge sclarée, le jasmin et l'ylang ylang.
  • Le repos et la relaxation : le repos ne se limite pas au sommeil. Consacrez une journée par semaine à des activités qui ne vous imposent aucune responsabilité ni aucun engagement et qui vous aident à vous recentrer et à vous détacher de vos pensées. Il est important d’éviter tout type de surmenage.
  • Le mouvement : les malades atteints du syndrome de fatigue chronique peuvent reprendre ou améliorer leur niveau d’activité physique pour lutter contre la sédentarité. Si la pratique régulière d’un sport favorise le bien-être et aide à réduire le stress, ces personnes atteintes du sfc ont besoin de faire de l'exercice à une intensité modérée car elles sont quand même exposées à d’éventuels malaises post-efforts. Privilégiez les activités aérobiques, plutôt que les exercices de haute intensité.  

Sources :

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/10450194/

https://pdfs.semanticscholar.org/970e/7712af0925e851a8e802bf390cac076a9854.pdf

https://sciencenorway.no/allergies-disease-forskningno/food-intolerance-is-linked-to-different-disorders/1372788

Solène Senejko
SOLÈNE SENEJKO

Ingénieure Alimentation & Santé